Rencontre avec Timalo

Le slameur à la BU du campus de Schoelcher mardi 19 novembre

La BU du campus de Schoelcher a le plaisir de vous inviter à la rencontre de Timalo, poète, slameur, romancier, mardi 19 novembre à 18h45 à la BU du campus de Schoelcher. 10 ans après les évènements de 2009 qui ont secoué et marqué les Antilles françaises, Timalo nous proposera une conférence-performance intitulée Kijan ou pé sèvi épi kréyol adan on pratik awtistik, à partir de « Dé Moun ». Ce recueil en créole, chronique d'un mouvement social inédit, réunit 19 textes poétiques - et une nouvelle- déroulant, sous une forme narrative originale, « l’histoire d’un couple qui, a l’aube d’une nouvelle étape- l’engagement dans la vie commune- se trouve confronté aux tumultes des sentiments, provoqués par les événements liés au LKP ». 

 "Un des rôles de l’artiste est, selon moi, explique Timalo, de bousculer la société à laquelle il appartient dans la perspective de contribuer à son progrès. En l’occurrence, j’ai voulu rompre avec notre malencontreuse habitude de passer sous silence les évènements douloureux. Pour ce faire, il fallait non seulement revenir sur la mobilisation du premier trimestre 2009, mais le faire avec force, dans un projet ambitieux pour faire de cette part de notre Histoire, une aventure qui se raconte."

Cette manifestation est organisée en collobaoration avec l'INSPE (ex ESPE) Martinique.

Entrée libre et gratuite, venez nombreux !

Sur le sujet

 

  • Timalo

Site officiel de l’artiste

 

  • YouTube

Timalo. Ecrire en langue dominée. TEDx Pointe-à-Pitre, 2016. Qu'est-ce qu'être créole? Comment arriver à penser et être si quand la langue que l'on parle, avec laquelle on travaille, le français, se mélange à la langue de la pensée, le créole? Comment être soi dans une langue dominée

 

  • OpenEdition - revues en LSHS (libre accès)

Les voies contemporaines de l'oralité. N° spécial de Études de Lettres, 3, 2016.

Poésie, slam, rap, chanson, théâtre, création radiophonique, conte, nouvelle, BD: autant de voies à découvrir au travers de neuf contributions croisant les points de vue d’universitaires et d’artistes, autant de fils qui se tissent et que nous invitons lectrices et lecteurs à suivre pour mieux appréhender les déclinaisons multiples des littératures orales actuelles.

Camille Vorger, « Vous récitiez ? Eh bien, slamez maintenant! », Recherches en didactique des langues et des cultures [En ligne], 9-1 | 2012,

De fait, le slam se construit à la frontière des codes oral et écrit. Il résulte en effet d’un double transcodage : de l’oral à l’écrit lors de sa conception, de l’écrit à l’oral lors de sa déclamation. "J’écris à l’oral" slame Grand Corps Malade (2008), témoignant par là-même de ce brouillage des frontières. Souleymane Diamanka, slameur sénégalais cité en exergue, parle d’oralittérature : ce mot-valise fait écho à Claude Hagège qui a proposé le terme d’orature construit par analogie avec le mot écriture, reconnaissant ainsi que "le style oral est un véritable genre littéraire" alors même que la littérature est souvent conçue "à l’exclusion de la tradition orale"

Justin Daniel, « La crise sociale aux Antilles françaises », EchoGéo [En ligne], Sur le Vif, mis en ligne le 30 mars 2009

Sans conteste, ces mouvements sociaux consacrent le retour, d’une certaine manière métamorphosée, de la question sociale, quelque peu occultée au cours de ces dernières années par un surinvestissement dans le champ des revendications identitaires. Rapportés à l’histoire récente, ils dévoilent du même coup l’ampleur du malaise qui sévit aux Antilles et l’inadéquation des solutions régulièrement apportées.

 

  • Cairn – revues en SHS (abonnés UA)

Arnauld George, « « Seul le couteau sait ce qu'il y a dans le giraumon ». « Sé kouto sèl ki sav kian tchè giromon » », Les Temps Modernes, 2011/1 (n° 662-663)

… Des milliers de personnes partout, une manifestation qui ne sait pas démarrer tant la foule est dense. L’inattendu ! 20 000, 25 000 personnes. Les femmes sont présentes en très grand nombre. Plus nombreuses que les hommes. Et elles ont quelques raisons : en Martinique, il y a 30 % de foyers monoparentaux avec une femme pour cheffe de famille. Sur 100 demandeurs d’emploi, 60 femmes. Elles sont également majoritaires à subir les CDD et les temps partiels. Enfin une grève qui les touche davantage, qui les concerne encore plus : la vie chère. Et là, les femmes de la Martinique sont en colère et l’ont manifesté massivement dès le 5 février, et ceci pendant trois semaines.

Bourgault Jean, « Abandonner les vieilles routes. À propos des grèves de janvier-mars 2009 », Les Temps Modernes, 2011/1 (n° 662-663),

Fin janvier 2009. En France, on entend de plus en plus souvent parler de la Guadeloupe aux informations. Depuis le 20 janvier elle est en grève générale, à l’appel d’un collectif qui rassemble une cinquantaine de syndicats, partis politiques et associations, le Liyannaj kont pwofitasyon (LKP). Un nom que la métropole peine à traduire : elle bute sur « pwofitasyon » ; le « rassemblement contre le profit » ? Non, lui explique-t-on : « contre l’arrogance de ceux qui profitent, leurs abus de pouvoir ». Pour la question du liyannaj, on n’y prend pas garde, cela semble facile : il suffit de regarder les reportages : ils vont tous ensemble, pendant des heures, ils marchent. Des défilés impressionnants dans les rues de Pointe-à-Pitre, du jamais vu, nous dit-on.

Giraud Michel, « Le malheur d'être partis », Esprit, 2007/2 (Février)

Les réalités que vivent et les passions qui tourmentent les Antillais établis ou, pour un nombre croissant d’entre eux, nés dans l’Hexagone ne sont pas le simple écho de ce qui se passe aux Antilles mais un contrepoint complexe des réalités insulaires.

Laulé Nathalie, « Création contemporaine et problématique de diffusion dans la Caraïbe », Africultures, 2010/1

Les artistes de l’hexagone peuvent circuler librement sur tout le territoire européen et dans le monde entier, avec leurs œuvres ou leurs décors, avec parfois un grand nombre d’acteurs, de techniciens ou de machineries. [...]. Cette circulation et la libre diffusion des œuvres qui en découle assurent non seulement une viabilité économique aux structures culturelles et aux artistes (vente des œuvres et des productions) mais intervient également sur le plan de la nécessaire rencontre-confrontation des artistes, des esthétiques et des imaginaires (échanges artistiques, évolution des techniques, des esthétiques). […]  Les artistes des DFA (Départements Français d’Amérique) dont les imaginaires sont ancrés dans la Caraïbe et dans les terres d’Amérique, circulent peu entre leurs territoires propres (Martinique, Guadeloupe, Guyane) et ont peu accès aux échanges avec les pays voisins. Les contraintes administratives et les coûts de déplacement sont un véritable frein au libre-échange des créativités et des amitiés artistiques dans la zone Caraïbe.Enfin ils sont également pénalisés sur le plan de l’affirmation identitaire parce qu’ils travaillent dans une situation sans cesse tendue entre leur appartenance administrative à la France et leur ancrage géographique et culturel dans un bassin aux imaginaires forts éloignés de leurs statuts…

Odin Pierre, « « Négocier pour mieux lutter » : définition des problèmes publics et stratégies de mobilisation en Guadeloupe (2009) », Participations, 2016/3 (N° 16)

 « Ensuite, lorsqu’après ces fortes mobilisations ils ont accepté de nous rencontrer au World Trade Center à Jarry, là encore, nous sommes venus. On était devant des gens qui n’avaient rien préparé, qui n’avaient aucune réponse. C’était étrange, on aurait dit qu’ils étaient là pour nous regarder comme des bêtes curieuses, mieux encore ils s’étaient organisés pour la diffusion des négociations sur Canal 10. Nous, nous n’étions pas au courant. Et l’objectif c’était de montrer que nous n’étions qu’une bande de petits voyous sans propositions, qui ne savaient rien et qui étaient là pour insulter. Et malheureusement pour eux, ce que les gens ont vu c’était 48 organisations rassemblées dans LKP, qui maîtrisaient leur dossier, avec une connaissance et une expertise dans tous les champs et en face d’eux, les élus complètement dépassés par la situation, le patronat qui ne voulait rien entendre, comme s’il ne se sentait pas concerné et l’État, complètement désarçonné, sans prise véritable sur la situation » [extrait interview Elie Domota]

Bertil Isabelle, « Je parle créole ! », VST - Vie sociale et traitements, 2019/1 (N° 141)

Pendant longtemps, le français et le créole ont été mis en opposition, avec le français comme langue dominante. Or nous avons besoin de nos deux langues pour un mieux-être, un mieux-vivre. Il est nécessaire et urgent d’avoir la maîtrise des deux, pour pouvoir se dire, et pouvoir dire. Mais oui, je ressens aussi quelquefois ce sentiment que parler le créole pour certains, c’est comme un bouclier pour empêcher l’autre de comprendre ce qui se dit, ou pour l’insulter. La langue perd alors son pouvoir d’appréhender l’autre.

 

  • Google Scholar – travaux scientifiques en libre accès

Marie-Christine Hazaël-Massieux,  « Le théâtre créolophone dans les départements d’outre-mer. Traduction, adaptation, contacts de langues »,  L'Annuaire théâtral : revue québécoise d’études théâtrales, n° 28, 2000, p. 21-34.

Dès lors, c'est au théâtre en créole que je m'intéresserai ici, plus précisément à sa place et à son rôle dans les départements d'outre-mer des Antilles (Guadeloupe et Martinique), et sans prétendre aucunement à l'exhaustivité : il s'agit bien plutôt de situer le théâtre en créole dans la littérature, et non pas de donner un catalogue complet des pièces, inventaire déjà fait...

Olivier Pulvar, "Montrer différemment pour se regarder autrement : la TOM, un « média éphémère » dans le mouvement social de 2009 en Martinique ", REVUE Asylon(s), N°11, mai 2013, Quel colonialisme dans la France d’outre-mer

L’article propose d’étudier l’émergence d’un média audiovisuel, Télé Otonom Mawon (TOM), lors du mouvement social de février-mars 2009 en Martinique. L’analyse du paysage médiatique martiniquais dans ce contexte social singulier permet de saisir les faits à l’origine de la création de la TOM mais aussi, de comprendre le sens que ses promoteurs donnent à leur action.

 

  • Manioc - Bibliothèque numérique Caraïbe-Amazonie

Les enjeux majeurs de la langue vernaculaire dans la littérature caribéenne. Vidéo. " Edouard Glissant, l'éclat et l'obscur ", Colloque international, du 19 au 23 mars 2018. Université des Antilles. Karine Belizar, Doctorante à Louisiana State University, étend son exposé sur quatre oeuvres littéraires d'auteurs caribéens notamment : Oswald Durand, Ernest Pépin, Derek Walcott et Franck Etienne. Elle précise que cette communication porte essentiellement sur une étude de l'utilisation du créole dans sa forme linguistique et culturelle. L'archipel caribéen étant fragmenté sur le plan géographique et linguistique, cette interrogation fait toujours l'objet de débat : Comment écrire dans la Caraïbe ?

René de Poyen-Bellisle. Les sons et les formes du créole dans les Antilles. Ouvrage publié en 1894.